Depuis 2011, la FEMAS Hauts-de-France accompagne et représente les professionnels exerçant en MSP, et plus largement en structures d’exercice coordonné. Les objectifs ambitieux affichés par le gouvernement en matière de développement de l’exercice coordonné, témoignage de la reconnaissance du travail effectué par les équipes de terrain, ne peuvent donc que nous réjouir. Pour autant, il faut savoir raison garder et surtout ne pas perdre de vue que ce qui fait un projet de santé, ce qui fait une MSP, ce ne sont pas des murs mais avant tout des professionnels : informés, intéressés, motivés. Et c’est bien là le sujet de notre propos.

La thèse de Madame Camille Delemarle, soutenue à la faculté de médecine Henri Warembourg de Lille le 25 octobre dernier, a permis de recueillir un certain nombre d’informations sur le niveau d’attractivité et l’état des connaissances des jeunes médecins généralistes en matière de MSP.

Les conclusions qui peuvent être tirées de son étude sont les suivantes :

  • Les jeunes médecins manquent de connaissance sur l’exercice coordonné / n’ont pas été suffisamment informés: 77,5% des jeunes médecins interrogés estiment ne pas avoir eu de sources d’informations sur les MSP durant leur internat (en dehors des stages en MSP). 68,8% des sondés auraient souhaité être davantage informés.
  • Une meilleure information pourrait favoriser l’intérêt des jeunes médecins pour l’exercice coordonné: 40% des personnes interrogées envisagent probablement d’exercer en MSP, et 5% en sont certaines. 33,8% ne l’envisagent « probablement pas », population qui pourrait donc être amenée à changer d’avis, d’autant plus que 42,5% des sondés estiment que leur projet professionnel aurait pu être différent s’ils avaient été davantage informés durant leur internat. De plus, certaines réponses au commentaire libre laissent penser que beaucoup de jeunes généralistes surestiment les freins à ce type d’exercice (lourdeurs administratives, frais…).
  • Les jeunes médecins les plus intéressés par l’exercice en MSP sont ceux qui ont pu y effectuer un stage durant leur internat : 53,6% des jeunes médecins ayant eu une expérience en MSP en internat envisagent ce type d’exercice, contre seulement 25% pour ceux n’ayant jamais eu d’expérience en MSP. Parmi les médecins envisageant l’exercice en MSP, 83,3% ont eu une expérience en MSP durant leur internat.

Ces résultats doivent nous alerter et surtout nous faire réagir, afin de permettre aux jeunes internes d’être suffisamment informés des différents modes d’exercice qui s’offrent à eux, et qu’ils puissent décider de leur projet professionnel en ayant toutes les clés en main.

Les perspectives dégagées par l’auteure de cette thèse nous semblent à ce titre très à propos, et la Fédération se donnera pour mission de concourir à leur réalisation :

  1. Créer un ED (Enseignement Dirigé) spécifiquement dédié aux MSP et à l’exercice coordonné
  2. Renforcer la participation au séminaire interprofessionnel annuel organisé à Lille
  3. Encourager les médecins généralistes à devenir Maître de Stage des Universités (MSU) en MSP (surtout pour les N1)

N’oublions pas que ce sont les étudiants d’aujourd’hui qui porteront les projets pluri-professionnels de demain. Mais c’est à nous, grâce à notre expérience, de faire en sorte que naisse chez eux l’envie de prendre part à cette révolution des soins primaires !

Pour la FEMAS Hauts-de-France,

Dr Laurent Verniest, Président,
Dr Sylvain Duriez, Secrétaire adjoint
Caroline Legros, Chargée de communication