S’engager dans la solidarité territoriale, entre défi démographique et aventure humaine.Temps de lecture : 2 min

Présentation

Médecin généraliste porteur de la Maison de Santé Pluriprofessionnelle (MSP) L’Odyssée du Plessis-Belleville (60), coordonnateur de santé formé au programme PACTE, et membre actif de la CPTS du Valois, mon parcours est guidé par la volonté de structurer les soins de proximité et de répondre aux enjeux de santé publique sur nos territoires. C’est dans cette optique que je me suis engagé dans un contrat territorial de solidarité pour effectuer des remplacements ponctuels en Normandie.

Le sens de l’engagement: La solidarité territoriale 

Le dispositif de solidarité territoriale, encouragé par l’ARS, vise avant tout à assurer la permanence et la continuité des soins dans des zones marquées par une démographie médicale défavorable. Pour moi, signer ce contrat n’était pas seulement un acte administratif, mais une réponse concrète à la pénurie de professionnels de santé.

Une expérience humaine et professionnelle nuancée 

Mon expérience de remplacement en Normandie a été riche d’enseignements. Sur le plan personnel, j’ai vécu cela comme une véritable « aventure touristique engagée ». 

L’accueil fut de très bonne qualité, et je remercie tous les acteurs locaux qui sont venus saluer mon premier jour : ARS, CPAM, Mairie, CPTS, les locaux ont été magnifiquement équipés, un bon début !

La motivation profonde réside dans l’intérêt populationnel :

  • Les bénéfices : ce dispositif offre une réponse immédiate à des patients souvent démunis et en attente de soins. Il permet de maintenir une offre de santé là où elle vacille. Le contact humain est très fort, les patients sont très reconnaissants.
  • Les limites : la limite principale réside dans le suivi des patients à moyen terme, inhérent au caractère ponctuel des missions, l’ARS propose de s’appuyer sur la téléconsultation pour y remédier, il faudrait cependant pour cela proposer aux patient une infrastructure qui le permette facilement sur place. Une autre limite est l’aspect financier, les 100euros de compensation par demi journée proposés ne compensant pas les frais liés au déplacement, cela interroge sur la pérennité du dispositif et sa capacité à recruter des médecins hors territoire.

Vers de nouveaux leviers 

Fort de cette expérience, je poursuis l’exploration de nouveaux leviers pour améliorer les parcours de soins. Notre maison de santé bénéficiera prochainement du dispositif VPS (Vidéoprév Santé), financé par l’ARS Hauts-de-France et déployé sous la responsabilité opérationnelle de la FEMAS HDF.

Conclusion 

La solidarité inter-régionale repose sur la contribution élargie des praticiens. Malgré les défis logistiques et de suivi, je considère qu’il est essentiel de promouvoir et de relayer ces expériences auprès de nos confrères. C’est en multipliant ces engagements que nous préserverons l’accès aux soins pour tous.

A l’heure où sur les réseaux s’expriment nombreux médecins, notamment généralistes, en quête de sens un écosystème de la santé en forte mutation, cette expérience se révèle particulièrement gratifiante sur le plan humain. Elle mérite que ses acteurs continuent à mener une réflexion constructive, pour gagner en efficience et pouvoir devenir pérenne.

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